Le budget 2027 proposait de plafonner l'amortissement des loueurs en meublé non professionnels (LMNP). Les députés ont supprimé cette mesure en séance fin octobre, mais le texte n'est pas définitivement voté. Voici ce qui était prévu, ce qui reste incertain et ce que cela change pour un achat dans le neuf.
Aujourd'hui, le LMNP au régime réel permet d'amortir le prix du logement (hors terrain) et le mobilier. Cet amortissement se déduit des loyers perçus. Il réduit fortement l'impôt sur ces revenus, parfois jusqu'à l'annuler pendant de longues années. Aucun plafond ne limite cette déduction.
Le projet de loi de finances (PLF) pour 2027, déposé le 1er octobre 2026, proposait dans son article 7 de l'encadrer :
L'objectif affiché : rééquilibrer le marché locatif, encourager la location de longue durée et renforcer l'attractivité du dispositif Jeanbrun, qui permet lui aussi d'amortir mais en location nue.
La situation a évolué vite, et elle n'est pas figée. Voici les étapes connues à ce jour :
En pratique, rien n'est voté définitivement. Si l'Assemblée rejette cette partie du budget, le gouvernement peut transmettre au Sénat son texte initial. Le plafonnement pourrait alors réapparaître, être modifié ou abandonné au fil de la navette parlementaire, voire par un autre texte plus tard. Les règles actuelles du LMNP restent donc les seules en vigueur.
Seuls les loueurs au régime réel amortissent leur bien. Le régime micro-BIC, qui applique un abattement forfaitaire, n'était pas visé par la mesure. Deux profils se distinguent.
Les propriétaires de plusieurs meublés, ou d'un bien à prix élevé, auraient été les plus touchés. Avec un taux limité à 2,5 %, le plafond annuel ne joue qu'à partir d'un certain montant de murs amortissables. Pour un bien moins cher, c'est le taux qui aurait réduit l'avantage.
Dans le neuf, le prix d'achat est souvent plus élevé que dans l'ancien, et l'amortissement pèse lourd dans la rentabilité calculée après impôt. Un plafonnement toucherait donc directement ce type de projet. Le neuf garde toutefois ses atouts propres : logement aux normes récentes, charges d'énergie maîtrisées, frais de notaire réduits et garanties constructeur.
Tant que le texte n'est pas stabilisé, la prudence consiste à raisonner par scénarios. Simulez votre fiscalité avec les règles actuelles, puis avec un amortissement limité, et vérifiez que le projet tient dans les deux cas. Notre guide du statut LMNP détaille le fonctionnement actuel, et celui de la location meublée rappelle les obligations du loueur.
Si l'avantage du LMNP devait se réduire, d'autres pistes méritent un examen :
| Type de location | Taux d’amortissement (%) | Plafond annuel (€) |
| Location intermédiaire | 3,5 | 8 000 |
| Location sociale | 4,5 | 10 000 |
| Location très sociale | 5,5 | 12 000 |
Chaque dispositif a ses contraintes : plafonds de loyer, engagement de location, zonage, profil du locataire. Aucun ne convient à tous. Notre comparatif Pinel et Jeanbrun aide à comprendre la logique de l'amortissement en location nue.
Photo : Max Vakhtbovych / Pexels
Non. Les députés ont supprimé la mesure par amendements fin octobre 2026, mais le budget n'est pas adopté. Le texte doit encore suivre la navette parlementaire, et la mesure pourrait être rétablie ou modifiée.
Le texte initial visait les revenus de 2027, sous réserve de son adoption. Tant que la loi n'est pas publiée au Journal officiel, les règles actuelles continuent de s'appliquer.
Pas à ce stade. Il est prudent de simuler votre projet avec les règles actuelles puis avec un amortissement limité, afin de vérifier qu'il reste cohérent dans les deux cas.
Le LLI et le dispositif Jeanbrun sont les pistes principales pour investir dans le neuf. Chacun impose des conditions de loyer, de durée et de zone à comparer avec votre situation.