La fin du dispositif Pinel, actée définitivement fin 2024, a laissé l’investissement locatif privé dans une phase d’attentisme prolongée. Baisse de la production de logements, recul des investisseurs particuliers, tensions accrues sur le marché locatif : le constat est largement partagé.
C’est dans ce contexte que s’inscrit le dispositif Jeanbrun, intégré au Budget 2026 et porté par le ministre du Logement Vincent Jeanbrun.
Souvent présenté comme le « nouveau Pinel », le raccourci est tentant mais réducteur. La loi Jeanbrun ne repose pas sur une simple logique de défiscalisation, mais sur une approche plus patrimoniale, fondée sur l’amortissement du bien immobilier.
Depuis plusieurs années, l’investissement locatif privé s’est progressivement grippé. La fin annoncée puis effective du Pinel, la hausse des taux d’intérêt et l’augmentation des coûts de construction ont conduit de nombreux ménages à reporter ou abandonner leurs projets.
« L’investissement locatif privé est un pilier indispensable de la politique du logement, complémentaire du logement social. »
— Extrait de la communication gouvernementale autour du Budget 2026
Face à cette situation, le gouvernement a souhaité proposer une réponse structurelle, avec un double objectif clairement assumé :
Contrairement à certaines annonces initiales, le dispositif Jeanbrun ne crée pas un statut général du bailleur privé. Il s’agit d’un dispositif d’investissement locatif encadré, comparable dans son principe aux dispositifs Robien, Scellier ou Pinel.
Il s’adresse exclusivement aux particuliers investissant à partir de 2026 dans des logements répondant à des critères précis.
maisons individuelles
biens acquis avant 2026
location meublée (LMNP / LMP)
ancien sans rénovation significative
L’une des évolutions les plus marquantes de la loi Jeanbrun est la suppression du zonage. Contrairement au Pinel, le dispositif est applicable sur l’ensemble du territoire français.
Cette liberté redonne un rôle central à l’analyse immobilière : potentiel locatif, bassin d’emploi, cohérence du prix au m². L’avantage fiscal ne remplace pas la qualité intrinsèque du projet, il l’accompagne.
La véritable nouveauté du dispositif Jeanbrun réside dans l’introduction de l’amortissement fiscal pour la location vide, jusque-là réservé à la location meublée.
Ce mécanisme permet de réduire fortement, voire d’annuler, le revenu foncier imposable pendant la durée d’engagement.
| Type de bien | Loyer intermédiaire | Loyer social | Loyer très social |
|---|---|---|---|
| Neuf | 3,5 % / an | 4,5 % / an | 5,5 % / an |
| Ancien rénové | 3 % / an | 3,5 % / an | 4 % / an |
Des plafonds annuels sont prévus, compris entre 8 000 € et 12 000 € par foyer fiscal selon le niveau de loyer.
Prenons le cas d’un couple qui acquiert en 2026 un appartement neuf pour 250 000 €, loué en respectant un plafond de loyer intermédiaire.
Calcul de l’amortissement :
| TMI | Gain d’impôt annuel | Gain d’impôt sur 9 ans |
|---|---|---|
| 30 % | 2 100 € | 18 900 € |
| 41 % | 2 870 € | 25 380 € |
| 45 % | 3 150 € | 28 350 € |
L’accès à l’amortissement est conditionné au respect de plafonds de loyers et de ressources des locataires, inspirés du dispositif Loc’Avantages. Trois niveaux de loyers sont proposés, avec des loyers inférieurs au marché de 15 %, 30 % ou 45 %.
Ce choix traduit une volonté claire : soutenir les classes moyennes et modestes tout en offrant aux investisseurs un cadre fiscal incitatif.
À noter toutefois une contrainte importante : le logement ne peut pas être loué à un membre du foyer fiscal, ni à un parent ou allié jusqu’au deuxième degré.
Le dispositif Jeanbrun intègre également le déficit foncier, notamment dans le cadre de travaux de rénovation énergétique. L’imputation sur le revenu global reste possible dans les limites prévues par les textes, avec un plafond pouvant atteindre 21 400 € par an dans certains cas.
Cette combinaison amortissement + déficit foncier constitue l’un des leviers fiscaux majeurs du dispositif.
Contrairement au régime LMNP tel qu’il existait auparavant, la loi Jeanbrun prévoit la réintégration des amortissements dans le calcul de la plus-value immobilière lors de la revente.
Ce point est clairement posé dans les textes actuels. Il impose donc une approche patrimoniale de long terme, intégrant l’ensemble du cycle de vie de l’investissement.
Au-delà de l’investisseur individuel, le dispositif Jeanbrun poursuit un objectif macroéconomique affirmé. Le gouvernement estime que cette réforme pourrait permettre la création d’environ 50 000 logements locatifs supplémentaires par an, en soutenant à la fois la construction neuve et la rénovation lourde de l’ancien.
Le dispositif Jeanbrun, ou loi Jeanbrun, ne se contente pas de remplacer le Pinel. Il marque une évolution plus mature de l’investissement locatif, fondée sur l’amortissement, la durée et la cohérence économique des projets.
Pour les investisseurs capables de s’engager sur le long terme et d’accepter des contreparties sociales, il constitue un nouveau cadre de référence pour investir dans l’immobilier locatif à partir de 2026.
Vous avez envie de vous lancer et d’être accompagné sur votre premier achat immobilier neuf, vous pouvez dès à présent contacter un de nos experts en immobilier neuf.